Une personne que tu aimes est en difficulté, et tu l'invites à se tourner vers Dieu...

« Prie Dieu, fais brûler un cierge, et fais lui confiance. Il t'aime et il va répondre à ton appel... » Ainsi tu l'invites à attendre passivement que Dieu vienne résoudre son problème et la sauver... Sa prière est une DÉ-MISSION...

« Prie Dieu pour qu'il t'aide à accepter cette souffrance... Un jour, au ciel du seras récompensé. » Ainsi tu l'invites à accepter sa difficulté et tu l'encourages à croire que Dieu envoie des épreuves aux hommes pour vérifier leur fidélité. Sa prière est une SOU-MISSION...

« Prie Dieu et demande lui pardon de te plaindre tout le temps... D'autres souffrent plus que toi, tu ne devrais pas te plaindre... » Ainsi tu l'invites à minimiser ses difficultés, et à se culpabiliser de se plaindre alors que d'autres vivent pire qu'elle. Sa prière est une RÉ-MISSION....

« Prie Dieu avec l'énergie que tu trouves EN TOI pour sortir de la plainte, avec les postures que tu cherches pour changer, avec les appels que tu adresses à tes proches...Tout cela dont tu as l’initiative, plonge-le dans l’amour de Dieu ! » Ainsi tu l'invites à se prendre en main, à trouver en lui l'énergie et les ressources nécessaires pour s'en sortir... Sa prière est une MISSION !

Quand des humains souffrent, Jésus ne donne jamais un coup de baguette magique... Souvent il cherche le désir et la volonté de la personne souffrante : "Que veux-tu que je fasse pour toi ?"... Et au paralytique, il dit : "Lève-toi (au lieu de rester figer sur ta souffrance), prends ton brancard (prends à bras le corps tes paralysies) et rentre chez toi (va vivre ta vie) ! (Marc 2, 11)

Inviter une personne en difficulté à prier ne te dispense pas de l'accompagner dans la recherche de solutions...

« J'avais faim... soif... et vous m'avez donné à manger... à boire... Ce que vous avez fait au plus petit d'entre mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » (Mt 25, 35).

Le Dieu de Jésus Christ respecte trop notre autonomie pour agir à notre place ! Prier, c'est toujours agir.

 

Et encore… à quel Dieu nous adressons-nous quand nous prions ?
Au Dieu de la tempête ou de l’apaisement ?

Parfois, nous cherchons Dieu dans celui qui déclenche les tempêtes et les orages…
Et nous disons : « Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ? »
ou même : « Dieu m’éprouve et je dois passer par là pour être digne de lui. 

Et nous prions ce Dieu-là comme s’il ressemblait aux dieux vengeurs des païens à la force maléfique…
Comme si Dieu ressemblait à des parents sévères qui punissent sans retenue…
Comme si Dieu ressemblait à un jury qui nous teste jusqu’à nous confronter à nos limites…
Comme si Dieu ressemblait à un chef autoritaire qui écrase sans discussion possible…

Qui donc a eu intérêt à nous faire peur en nous faisant croire en un tel Dieu ?
Il faudrait se méfier se protéger de lui…
Il faudrait l’amadouer par nos prières et nos sacrifices ?
Il faudrait lui donner toujours plus de preuves de notre dignité ?

Alors que le Dieu de Jésus Christ est
celui qui marche sur la mer démontée pour rejoindre ses disciples dans la tempête,
celui qui donne confiance à Pierre en l’appelant à marcher sur les eaux
celui qui le prend par la main quand il s’enfonce…
« Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba » (Mt 14, 24-36) !

Quand nous prions, il est temps de quitter nos caricatures
qui repoussent Dieu là-haut dans une position dominatrice,
dans une toute-puissance qui manipule et qui écrase
et d’accueillir avec reconnaissance le Dieu qui vient nous rejoindre là où nous sommes…
dans une toute-puissance d’amour !

Marc THOMAS - septembre 2017