1502-Lotus

« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre...

La lumière, et le jour et la nuit... Le firmament du ciel, la terre et la mer...
Et Dieu vit que cela était bon !
L'herbe, la semence, l'arbre et ses fruits...
Et Dieu vit que cela était bon !
Des luminaires au firmament pour marquer le temps, pour éclairer la terre
Le soleil et la lune, et aussi les étoiles
Et Dieu vit que cela était bon !
Les poissons et les oiseaux, féconds pour se multiplier
Et Dieu vit que cela était bon !
Bêtes sauvages, tous les animaux et même les bestioles, de toutes les espèces
Et Dieu vit que cela était bon !
Enfin l'homme, à l'image de Dieu. L'homme : homme et femme, à l'image de Dieu,
féconds pour se multiplier, trouvant dans la création leur nourriture et leur espace de créativité.
Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait : C'ETAIT TRES BON ! » (d’après Gn 1)

 Dès les premières pages de la Bible, le ton est donné :
« Et Dieu vit que cela était bon ! »

Tel est le regard du Dieu de la Bible sur le monde !
Jamais il n'oublie que sa création est bonne, même lorsqu'elle est abîmée.
Tout regard authentique sur le monde commence par là !

 Dans la Bible, la « bonté » est équivalente à la « sainteté ». Cette bonté et cette sainteté ne sont pas au bout du chemin, comme si elles devaient être acquises au bout de longs efforts ! Bonté et sainteté sont à la source, au départ : sans elles, nous n'existerions pas comme créatures. Elles sont gravées en nous de façon indélébile comme une marque de fabrique : l’homme est bon par nature, sur lui est inscrit dès l’origine : « Made in sainteté » ! 

 Au moment où nous faisons tant de vœux de bonne année, je vous exprime mes vœux :
Que vous et moi soyons prêts à nous regarder nous-mêmes ainsi, quels que soient nos défauts ou nos fautes !
Que nous soyons tous prêts à regarder ainsi tout être humain, quelles que soient ses misères… ou nos rancœurs !

 Sauver le monde, c’est être capable de voir la pépite cachée au plus profond du plus grand criminel, et d’y croire… Comme Jésus avec Zachée, la femme adultère, Judas… et tous les aveugles et boiteux qu’il a restaurés dans leur dignité, parce qu’il a su discerner leurs capacités au-delà de leur paralysies… Jusqu’à Pierre dans son reniement au cœur duquel il continuera à discerner le « roc » sur lequel il va bâtir son Eglise !

 Puisque la période est aux vœux de bonheur,
osons habiller nos cœurs et nos vœux de ce regard optimiste de Dieu sur notre monde :

 « Et Dieu vit que cela était bon » !!! Bonne année ! »

 Ce refrain peut aussi inspirer notre regard sur le monde au long de cette année 2018 :
« Et Dieu vit que cela était bon ! » Je choisis de chercher à voir ce qui est bon dans le monde,
ce qui est bon chez l’autre, fut-il en désaccord avec moi,
ce qui est bon chez moi, justement là où j’ai tendance à me juger ou à me dévaloriser !
Je choisis de chercher, à travers ce qui me fait mal, la vie qui cherche à se libérer.

 En écrivant cela, serais-je un doux rêveur, ayant oublié le mal, le péché, la haine et la souffrance, la maladie, la mort... et même le « péché originel » ? J’entends certains lecteurs me dire : mais la souffrance existe… Et le péché existe… Et l’enfer existe… Oui, je sais ! Et j’y reviendrai dans ma chronique du mois prochain !

 Voici donc mon souhait pour cette année : que cet « enfer-mement » qui nous guette tous ne nous empêche pas de croire que, même « enfer-més », en nous subsiste une indestructible pépite de bonté qui ne demande qu’à surgir des profondeurs où elle s’est protégée. 

C’est le regard que Dieu porte sur nous : « Et Dieu vit que cela était bon ! » Et pourtant Dieu n’est pas naïf et connait nos barrières et nos obstacles ! Mais il est comme toutes celles et tous ceux qui gardent espoir en nous quand nous-mêmes sommes désespérés ! C’est cela pardonner : c’est donner, par-delà la faute, un regard d’amour qui sait voir l’indestructible pépite de bonté au cœur de tout être.

Courage à vous, les « résignés » de la vie : vous pouvez quitter vos lamentations paralysantes et vos dénonciations accusatrices… Vous pouvez quitter aussi votre désespoir sur vos propres capacités à changer… Je vous souhaite l’audace de croire en vous, et d’aller chercher en vous la beauté et la bonté trop souvent tapies dans vos prisons : ces pépites indestructibles sont prêtes à jaillir à l’appel de votre espoir !

Merci à vous, les « indignés » de tous bords qui vous engagez, envers et contre tout, pour sauver la création, pour promouvoir la justice, pour construire la paix… Votre regard d’espoir sur la beauté du monde a su lever les freins des résistances et lutter contre les forces destructives !

« Et Dieu vit que cela était très bon ! »
Toute une année pour y croire…
Toute une année, pour en vivre…
Toute une vie pour s’y désaltérer !

Marc THOMAS
marc-thomas@orange.fr

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