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Dans ma chronique du mois de janvier, à l’occasion de la nouvelle année, je nous invitais à poser sur nous-mêmes et sur le monde le regard que Dieu y pose : « Et Dieu vit que cela était bon ». C’est toujours valable et vous pouvez aller relire cette chronique !

Mais je m’interrogeais également moi-même,
me demandant si je n’étais pas un doux rêveur idéaliste :
vouloir voir la beauté du monde et la bonté de l’homme ne serait-il pas une illusion
face aux épreuves, aux catastrophes, aux violences de toutes sortes ?

          Ces violences sont l’enfer !
          L'homme s'y met tout seul :
          quand il ferme les écoutilles,
          quand il s'enferme en lui,
          quand il ne sait pas se protéger,
          ou quand il décide que « l'enfer c'est les autres »...

Enfer... enfermé... fermé…
C’est l’œuvre de l’homme quand il choisit de détruire et de se détruire.
Je crois profondément que Dieu n'a jamais mis personne en enfer !
L’homme s’autodétruit, et Dieu n'y comprend plus rien :

« Mon peuple, que t'ai-je fait ? En quoi t'ai-je fatigué ? Réponds-moi ! »  (Mi 6,3)

Ils ont refusé de revenir à moi : vais-je les livrer au châtiment ? Non ! Mon cœur se retourne contre moi, et le regret me consume. Je n'agirai pas selon l'ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu Saint, et je ne viens pas pour exterminer."                                                   (Osée 11,1-9)

Parce qu’il est saint, parce qu’il est bon,
le Dieu Créateur propose sans cesse de reconstruire quand tout semble détruit ;
toujours il reste créateur et, à nouveau, il donne la vie :
sa sainteté ne l’éloigne pas de l’homme pécheur ;
affrontée au péché de l’homme, sa sainteté devient libération.
Et l'enfer-enfermé est ouvert par la Croix du Christ : « il descendit aux enfers. »

Pourtant certains ont voulu nous faire croire que, devant la faute et le péché, le Dieu de la Bible et de l’Evangile se transformait en despote courroucé, prêt à punir, à se venger comme les hommes se vengent, à condamner.

          Qui a voulu nous faire croire qu’un Dieu dominateur prenait plaisir
          à jeter dans les feux de l’enfer celles et ceux qui ne lui avaient pas obéi à la lettre ?

          Qui a voulu nous faire croire qu’il faudrait multiplier les pénitences et les souffrances,
          comme pour « acheter » à nouveau le pardon et l’amour de Dieu ?

          Qui a voulu nous faire croire que la foi en l’amour consistait à s’accuser et à culpabiliser ?

Ceux qui nous ont fait croire cela ont trahi le Dieu de l’Evangile,
au nom d’un pouvoir qu’ils voulaient prendre sur nos consciences
à coup de menaces et de manipulations de nos peurs !
Dieu n’est jamais dans les Inquisitions ni les terrorismes de toutes sortes !

Quand l’homme est abîmé, quand la création est dénaturée,
Dieu ne peut s'y résoudre et il n'a qu'une solution :
devenir humain, devenir histoire d'homme, plonger dans l'homme abîmé.

          « Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché,
          afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu » dit St Paul (2 Co 5,21).

Tel est notre Dieu : c'est l’homme Jésus de Nazareth, le Christ,
celui qui choisit les petits et les pauvres comme béatitudes du Royaume,
celui va loger chez les pécheurs et se lier d’amitié aux pécheresses,
au grand dam des pharisiens et des scribes de toutes les époques !

           « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu». (Lc 19, 10)

           « Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare,
           ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ?
          Et, s’il arrive à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées.
          Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. » (Mt 18, 12-14)

Face au péché : l'amour, jusqu'à la croix :
« il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime ». (Jn 15, 13)

Face à la mort, la vie :
« Je suis venu pour que les hommes aient la vie, en abondance.» (Jn 10, 10)

Face à l'enfer enfermé, le tombeau ouvert,
et les chemins d’Emmaüs sur lesquels il nous devance et nous envoie toujours,
pour l'y retrouver et l'y reconnaître dans notre quotidien.

L'homme n'est pas parfait, tout rêve de perfection reste illusoire !
Mais la bonté de l’homme est une tâche à accomplir :
elle nécessite notre consentement et notre collaboration.

A votre avis, de quelle manière pouvons-nous changer le plus facilement :
quand nous sommes accusés et humiliés ?
ou quand un regard d’amour et de soutien est posé sur nous ?

Alors quand nous prions :
cessons de nous soumettre devant Dieu en nous lamentant sur nos manquements et sur nos incapacités :
nous ne pouvons pas rencontrer Dieu tant que nous ruminons sur nos misères ! 

présentons-nous devant Dieu avec reconnaissance et gratitude, dans l’action de grâce,
avec le regard émerveillé de l’enfant qui se sent soutenu et aimé
et qui court dans les bras de ses parents quand il se sent en difficulté !

Notre Dieu est incapable d’accuser et d’humilier !
Notre Dieu est amour !  sans limite…

                                                                       Marc THOMAS
 Photo Marie-Claude Brunet                          marc-thomas@orange.fr

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